C’est le temps des semis !

L’art du semis et du repiquage 

Une graine c’est la vie.

Dans l’enveloppe de la graine se trouvent des réserves et un germe. Cette graine est en dormance et respire. Elle peut attendre pendant des années le moment où elle germera dans un milieu propice, c’est-à-dire à bonne température avec de la lumière et de l’humidité.

On peut donc les conserver longtemps à l’abri de la lumière au sec et au frais (sacs en papier épais ou bocaux en verre).

Pourquoi utiliser des semences paysannes ?

D’un côté, les semenciers industriels vendent des graines hybrides F1 qui sont issues de croisements ou des OGM qui eux sont complètement stériles. Si vous récoltez des graines F1, vous aurez (selon les lois de Mendel) des plantes chétives en deuxième génération. Quant aux OGM vous n’aurez aucune graine. 

Les semenciers industriels nous contraignent à acheter des semences chaque année (il est rare de trouver la date de la récolte et le taux de germination sur le paquet). De plus, les semenciers ont pu faire passer des lois qui rendent illégal l’échange ou la distribution de graines qui ne sont pas dans le catalogue.

D’un autre côté, les semences paysannes. 
Ce sont des variétés traditionnelles qui existent depuis des siècles.

Les points positifs :

Les plantes s’adaptent au climat et au sol, et au bout de quelques générations on obtient des plantes qui ont développé une meilleure résistance naturelle contre les ravageurs, les maladies et les conditions climatiques de nos jardins ou de la région. Elles se ressèment et ne perdent pas leur qualités (au contraire). En connaissant la date de la récolte, vous êtes certain de son taux de germination. En récoltant nos propres graines et en laissant monter les graines en fleurs, nous offrons aux insectes et aux abeilles nectar et pollen pour leur bienfait.

Le jardinier contribue à la sauvegarde de la diversité des plantes alimentaires en cultivant des variétés traditionnelles dans son jardin car il utilise des espèces plus nombreuses et variées que celles que l’on trouve dans le commerce. Par exemple, Il y a une dizaine de variétés de haricots qui nourrissent la planète dans l’agriculture industrielle alors qu’il existe 14.000 variétés paysannes.

Comme quoi, cultiver son jardin et récolter ses propres graines, ce n’est pas neutre.

Où se procurer de la semence ?

Au Luxembourg :

SEED au CITIM – 55 av. de la Liberté, à MESA – 1, rue du moulin à Esch-sur-Alzette au Lieshaus de Mersch – 55, rue Grande-Duchesse Charlotte à Mersch)  Steve Schwartz au Klouschtergaart – https://www.kraizschouschteschgaart.info

Il existe aussi Kokopelli en France, Semailles en Belgique, Bingenheim en Allemagne…

Les semis

On peut faire des semis avec 3 types de terreau:

– terreau du commerce avec tourbe
– terreau du commerce sans tourbe
– fait maison : compost, terre de taupinière (monticules laissés par les taupes

Le terreau que l’on utilise est important : on sème dans du compost en croyant bien faire. Et bien non ! Le compost a beaucoup trop de nutriments, qui sont chimiquement des sels qui brûlent les germes de nos graines. 

Par contre la terre de taupinière (celle des campagnols est bonne aussi ;-)) est bien ameublie, légère de composition et d’aspect. La taupe, c’est top !

Réalisation d’un semis 

Dans une petit caisse (30/50/10), on met de la terre de taupinière en la tamisant. On la nivelle avec une planchette passée à la perpendiculaire de la surface et on tasse légèrement avec un instrument plat du type truelle. 

Pour semer les graines (jusqu’à 700 graines de salade par caisse), on utilise un petit semoir qui est une boite avec une sortie entonnoir en le passant en zigzag croisé. 

Une fois les graines semées, on retamise de la terre sur la surface. Pour contrôler l’épaisseur de la couche, regardez l’épaisseur sur les bords de la caisse.

Ensuite on arrose en utilisant une pomme avec des trous fins, en arrosant abondamment au-dessus les bords (technique pour répartir équitablement l’arrosage).

Et voilà le travail !

Le repiquage 

Les semis germent en quelques jours (selon la température). C’est à ce moment-là que l’on va les repiquer dans des godets individuels.

Repiquages intermédiaires

Préparation 
Terre de taupinière + compost (10 à 20 %). 
Ajouter du compost car les petites plantes sont en demande de plus de nutriments. 
Ce mélange va remplir les caisses à godets.
Tamiser sur les caisses à godets et tasser légèrement avec une planche.

Avec un petit crayon ou un outil plus adapté, soulever délicatement la plante hors de la terre. Il est préférable de l’attraper par les cotylédons et non par la tige qu’on pourrait abîmer. Cette tige est le cordon ombilical de la nouvelle plante alors que les cotylédons vont disparaître.

Dernier repiquage en pot 

Préparation pour des plantes qui seront vendues ou distribuées
Terre de taupinière + compost (20 à 40 %).
Ajouter du compost car les petites plantes sont en demande de plus de nutriments. 

Pour la commercialisation, on utilise des mélanges avec de la tourbe.

Utiliser la même technique de remplissage que précédemment et installer deux ou trois godets par pot.

Le repiquage définitif

Dans une terre ameublie (mais pas nécessairement retournée), installer les godets une fois que les plantes ont atteint la taille suffisante.

Pour les salades, veillez à maintenir le colet (la base de la plante) hors de la terre. Vous pouvez laisser le niveau du godet à 0,3 cm au-dessus de la terre.

Un cas spécifique : les poireaux
Les poireaux ne nécessitent pas de repiquage intermédiaire mais une procédure particulière : avant de les mettre en terre, raccourcir les racines et les feuilles qui demanderaient un effort d’irrigation par la plante trop important et effectuer ensuite un pralinage.

Le pralinage consiste à enrober les racines par un mélange de compost, un peu de cendre et de la terre glaise (on la trouve sous la couche du sol arable) dans un peu d’eau. La terre glaise doit être bien malaxée, car elle assure le liant du mélange. 

Avec ces quelques conseils, vous êtes déjà en mesure de créer bon nombre de semis ! N’oubliez pas qu’en été on lance les cultures d’hiver. Alors bon jardinage ;-)

Anne-Marie Didier ( Transition Stad)

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