Piquet pour l’agriculture biologique

Luxembourg, vendredi, le 28 juin 2019:

Une vingtaine de membres de la plateforme “Meng Landwirtschaft” s’est retrouvé en matinée du vendredi 28 juin 2019 devant le Ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural pour encourager le ministre et ses fonctionnaires à rapidement réaliser le plan d’action “agriculture biologique”. Dans l’accord de coalition, le gouvernement a fixé l’objectif d’atteindre 20% d’agriculture bio d’ici 2025, proposition explicitement soutenue par Meng Landwirtschaft. Malheureusement, jusqu’à présent, le ministre ne s’est pas donné les moyens de présenter des mesures concrètes inscrites dans le plan d’action, ni d’entamer le processus participatif prévu à son élaboration. 

Dans une lettre ouverte, Meng Landwirtschaft a convié le ministre Romain Schneider à nous informer de l’avancement du plan d’action “agriculture biologique”. Lors d’une entrevue en mars 2019, le ministre et ses fonctionnaires ont affirmé que l’élaboration du plan d’action s’achèverait avant les vacances d’été et que notre plateforme serait invitée à y contribuer de manière participative. 

Interpelés par la crise climatique et la perte de la biodiversité s’aggravant toujours plus rapidement ainsi que par la disparition alarmante d’exploitations agricoles de petite et moyenne taille, nous demandons des solutions efficaces et efficientes maintenant. Dans de nombreuses études et à travers une multitude d’expériences pratiques, l’agriculture bio s’est avérée parfaite pour répondre aux exigences économiques, sociales et environnementales actuelles et futures. Romain Schneider ne cesse de répéter que l’objectif de 20% figure parmi ses priorités absolues. Par contre, à ce stade et au vu cheminement actuel, nous osons douter de la réalisabilité de cet objectif. Il est compréhensible que les administrations agraires qui depuis des décennies accompagnent l’agriculture conventionnelle ont du mal à véritablement accompagner un changement de paradigme pour faire face aux inquiétudes écologiques et socio-économiques qui influencent profondément le travail quotidien des producteurs et productrices. Pour cette raison, Meng Landwirtschaft revendique la création d’un département dédié exclusivement à l’agriculture biologique au sein du ministère et a conçu une offre d’emploi pour le/la responsable de cette future cellule. “Le ministre Schneider nous a assuré que l’agriculture biologique allait obtenir un visage à l’intérieur du ministère, voilà pourquoi nous lui transmettons cette offre”, dit Laure Cales, coordinatrice de “Meng Landwirtschaft”.

La plateforme “Meng Landwirtschaft” convie le ministre à intégrer des mesures et incitations concrètes dans le plan d’action le plus rapidement possible. Raymond Aendekerk, Greenpeace, explique : “Il faut proposer des programmes attrayants pour convaincre les exploitants à la reconversion à l’agriculture biologique. Il s’agit de jouer sur le montant de la prime à la surface, les investissements pour la transformation des étables et bâtiments, la réduction du cheptel, le renforcement de la production végétale (maraichage, l’arboriculture etc.), conseils et formations, coopérations avec des personnes qui veulent se lancer dans l’activité agricole etc.” Daniela Noesen, directrice Vereenegung fir Bio-Landwirtschaft Bio-Lëtzebuerg asbl ajoute : ” le principe du saupoudrage doit cesser et mettre place au subventionnement de la force de travail et aux paiements qui récompensent les prestations écologiques et sociales dans l’esprit d’une économie du bien commun. Pour y arriver, une campagne continue, organisée et exécutée de manière professionnelle basée sur l’information, la formation, le conseil et la recherche est indispensable”. 

En outre, il est clair que l’état qui a complètement manqué de faire avancer l’agriculture biologique au Luxembourg doit assumer son rôle dès maintenant. Dans le plan d’action, des mécanismes qui permettent de faire progresser rapidement et efficacement l’agriculture bio à travers toute la chaîne d’approvisionnement doivent être développés, car l’argument que seule la demande de produits bio stimulerait la production ne fonctionnera jamais tant que les conditions inégales du marché persistent. Le plan d’action constitue un instrument important pour faciliter une écologisation du secteur jusqu’au consommateur. Pour cette raison, tous les acteurs devraient se retrouver pour travailler ensemble afin d’éviter de perdre du temps précieux. 

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